Je pars du constat de Sénèque, célèbre philosophe qui a écrit, il y a près de deux mille ans ; « La Brièveté de la vie » que j’avais étudié au lycée & qui est un essai, magnifiquement instructif, sur le temps qui passe & que nous gâchons avec beaucoup de talent .
Sénèque écrivait : « Ce n'est pas que nous ayons peu de temps, mais c'est que nous en perdons beaucoup. » Cette phrase me hante depuis que j’ai réalisé à quel point, je gaspillais inutilement mon temps.
Pendant des années, j’ai cru que le temps était une ressource infinie, que je pourrais toujours rattraper ce que je perdais. Mais un jour, pourquoi ce jour là, je me pose encore la question, alors que je venais de fêter, sans mes amis les plus chers, mes 60 ans, j’ai regardé en arrière et j’ai vu que j’avais passé des heures, des jours, des semaines à courir après des urgences qui n’en étaient pas, à courir après des personnes qui n’en valaient pas la peine. A courir après rien de bien concret… & je me suis épuisée.
Il y a eu cette période où je passais mes soirées à scroller sur mon téléphone ou mon PC, à regarder des séries sans vraiment en profiter, à feuilleter des magazines sans les lire, à entendre de la musique sans l’écouter. Je perdais mon temps sans même m’en rendre compte.
Puis, il y a eu ce jour où j’ai décidé de bloquer une heure par jour pour lire, pour écouter de la musique, pour écrire, dessiner, juste une heure, pour moi. Je ne suis pas assez assidue, je le sais, mais j’essaye de m’y tenir. Car quand je m’y tiens, cette heure devient mon refuge, mon moment de paix & surtout cela m’a appris que le temps, c’est comme de l’argent : on le dépense follement, mais on peut aussi choisir de l’investir précieusement.
La vie n’est pas courte, c’est nous qui la raccourcissons en la dilapidant dans des futilités, des distractions ou des préoccupations inutiles.
Sénèque critique notre tendance à remettre à plus tard ce qui compte vraiment. On vit comme si on avait un crédit illimité de temps, avec arrogance, alors qu’il est notre ressource la plus précieuse et non renouvelable. Tout cela est à méditer sérieusement.
Selon lui, la clé est de se libérer des désirs superflus et de se recentrer sur ce qui a du sens : les relations, la connaissance, la création, la vertu & il recommande, avec pertinence, de se dire chaque soir : « J’ai vécu une journée de plus, j’ai utilisé mon temps… » C’est assez simple sur le papier, mais…
Il utilise souvent l’idée de la mort pour nous rappeler la précieuse rareté du temps. Ce n’est pas morbide, mais assez libérateur : si on réalisait que chaque jour pourrait être le dernier, on vivrait différemment ! ça, enfin, je l’ai compris !
La vie, c’est aujourd’hui. Pas demain, pas « quand j’aurai le temps… ».
A toi, le temps qui passe, je choisis de ne plus attendre pour vivre. Je me promets de profiter de chaque instant, chaque petit ou grand moment, comme si c’était le dernier. De savourer & de remercier avec gratitude, ce temps qui m’est accordé.
Car je n’ai plus le temps, vraiment plus le temps, de perdre mon temps.
Frédérique
