Après mes carnets, toi, mon clavier, mes lettres qui s’accumulent comme des bouteilles à la mer. Mais mes bouteilles, elles ne finissent pas à la dérive : elles reviennent toujours vers moi, avec leurs mots, leurs vérités, leurs fous rires et leurs larmes enfin séchées. Cela fait un bien fou, d’écrire ses mots sur des maux, ou de trouver un sens à un thème qui me tient à cœur.
Pourquoi est-ce que j’écris, au juste ?
Parce que c’est moins cher qu’un psy ; désolée, les thérapeutes, mais à 80 balles, la séance…, allongée, ou pas, sur un canapé, à déposer pendant 1 heure & en silence mes états d’âme, ne me rassure pas, malgré sur vos compétences, dont je ne doute pas, mais ce n’est pas pour moi, enfin pas pour l’instant !
Avec toi, ma Thérapie par l’écrit, je n’ai pas besoin de prendre rendez-vous.
Je peux pianoter à 3h du matin en pyjama, avec les cheveux en bataille et une tasse de thé froid. Reprendre une « séance « le matin, le soir, la journée, quand je veux, où je veux, si je veux.
Et puis, il y a l’humour. Je ne pourrais pas faire de l’humour avec un Thérapeute, ce n’est pas leur genre… Bien trop sérieux, ils sont.
Mon humour, celui qui me sauve la mise quand la vie se prend trop au sérieux. Parce que oui, je peux écrire sur des trucs lourds, des trucs qui font mal, des trucs qui me retournent l’estomac… mais si je ne ris pas un peu en le faisant,
je vais finir par me noyer dans mon propre mélodrame.
Alors je glisse des vannes pourries, des autodérisions, des moqueries & cela me fait du bien.
Parce que rire de soi, c’est déjà se soigner un peu.
Et ces lettres à…, à qui je les écris, au fond ?
A moi, d’abord. Pour me vider la tête, pour y voir plus clair, pour me dire «OK, aujourd’hui, tu gères» ou «bon, là, t’es un peu à côté de la plaque, ma vieille».
Mais pas seulement !
Je les écris aussi pour celle que j’étais hier, celle qui avait besoin de lire ces mots-là. Et pour celle que je serai demain… Celle qui reliera ces lignes en se disant «ah ouais, t’as survécu à ça aussi, finalement». Bravo ma poule !
Et puis, qui sait ? Peut-être que ces lettres parleront à une autre Frédérique quelque part dans ce vaste monde, une inconnue qui se reconnaîtra dans mes mots et se dira «merci, je ne suis pas seule».
L’écrit, c’est ma thérapie en accès illimité.
Je peux relire quand je doute, quand je régresse, quand j’ai besoin d’un rappel à l’ordre. Quand je déconne un peu…
Je peux réécrire quand je me rends compte que j’ai merdé, que j’ai mal interprété, que j’ai grandi. Que j’ai évolué ou régresser.
Je peux effacer, déchirer (métaphoriquement, hein, je garde tout) quand je n’ai plus besoin de ces mots-là.
Et surtout, je peux me parler sans filtre, sans jugement. Pas de « il faut être forte », pas de « les autres vont penser que… ».
Juste moi, mes mots, mes silences entre les lignes.
Alors merci, ma Thérapie à moi.
Merci de m’aider à démêler mes émotions comme un chat qui joue avec une pelote de laine à la con.
Merci de me permettre de tourner la page quand j’en ai marre d’un chapitre.
Merci de me rappeler que je suis à la fois mon pire problème et ma meilleure solution.
Et merci à toi, (il se reconnaitra), de supporter mes crises existentielles, mes questions à la con, mes éclats de rire, mes « mais PUTAIN, pourquoi j’ai écrit ça ?! »du lendemain matin.
Mon complice invisible qui n’a eu de cesse de corriger mes fautes d’orthographe, de remanier ma logorrhée verbale en phrase compréhensible, lisible, digérable & surtout UTILE pour ma Thérapie.
Promis, je continue à t’alimenter au gré de mes envies, de mes besoins…
Parce que sans toi, je serais bien plus emmerdée… euh, je veux dire, bien moins équilibrée.
Frédérique
